Au-delà des plaintes, un appel au changement.

5 mars 2008 Communiqués

Montréal, le 5 mars 2008 – Le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques a rendu public ce matin son premier rapport annuel sur les pratiques des membres de l’industrie en matière de communication, de commercialisation et de promotion de l’alcool.

Au total 176 personnes et organismes se sont adressés au Conseil d’éthique en 2007. Dans la plupart des cas, les plaintes ont été formulées contre des entreprises et concernaient essentiellement leurs publicités ou leurs activités promotionnelles.

« Il est tout à l’honneur de l’industrie qu’elle se soit volontairement dotée d’un code d’éthique pour mieux encadrer ses pratiques. Elle a ainsi choisi de s’imposer, à elle-même, des balises à ne pas franchir, des valeurs de fond à respecter », a déclaré Me Claude Béland, président du Conseil d’éthique. « Le Conseil se réjouit d’ailleurs du fait que la quasi-totalité de l’industrie ait adhéré au code et que, dans la plupart des cas, la réflexion proposée par le Conseil pour changer les pratiques ait été bien reçue », a-t-il ajouté.

Le Conseil est parfaitement conscient du fait que l’éthique n’est pas une norme sociale univoque à laquelle adhère spontanément l’ensemble de la population. Il sait en outre que les seuils de tolérance sociale varient selon les âges, les cultures, les régions et les statuts. C’est dans ce contexte particulier qu’il a entrepris d’interpréter le code et de traiter les plaintes de Québécois choqués par des publicités de produits alcoolisés ou par les pratiques commerciales de membres de l’industrie.

Objet des plaintes

Plus de 80 plaintes spécifiques ont été portées à l’encontre des brasseries. Celles-ci avaient essentiellement trait au sexisme de certaines publicités et à des messages incitant à la consommation excessive. Le Conseil est intervenu auprès des brasseurs concernés pour leur faire valoir son opinion et leur proposer de les rencontrer pour discuter des arguments de ventes qu’ils utilisent. L’invitation a jusqu’ici été déclinée.

Quant aux plaintes formulées à l’égard des bars, le Conseil en a reçu neuf portant soit sur le sexisme, soit sur des pratiques promotionnelles encourageant la consommation excessive. Dans plusieurs cas, les interventions du Conseil ont mis fin à la situation ayant donné naissance à la plainte.

Quatre plaintes ont été déposées à l’encontre de la SAQ, dont deux seulement ont été retenues par le Conseil. Pour y faire suite, le Conseil a rencontré la SAQ pour discuter de ses promotions, de leurs résultats et leurs effets. Tant le Conseil que la Société ont bénéficié de ces échanges, desquels ont émergé une réflexion sur les promotions dont le Conseil a informé l’ensemble des adhérents au code. Il a aussi invité la SAQ à se pencher sur les promotions qui touchent les produits les moins chers de chaque catégorie.

Par ailleurs, dans une quarantaine de cas, les plaintes ne visaient pas un message spécifique ou une promotion en particulier. Elles dénonçaient plutôt le sexisme répandu dans les publicités de certains annonceurs.

Des intervenants  manquent à l’appel

Le Conseil d’éthique ne peut que déplorer le refus des brasseurs d’adhérer au code d’éthique de l’industrie, surtout que ce sont eux qui ont fait l’objet du plus grand nombre de plaintes et qui ont, de ce fait, entraîné le plus grand nombre d’interventions.

Comme il privilégie le dialogue, le Conseil a toutefois choisi de ne pas mettre les brasseurs au banc des accusés. Il s’est plutôt donné comme mandat de tenter de les convaincre de modifier leurs pratiques et il espère toujours que ces derniers rejoindront prochainement les autres acteurs de l’industrie en adhérant au code d’éthique.